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> Mort Delivrance ?

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femme


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Bruxelles
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Adieu 1

PB est seule dans sa chambre et travaille dans le plus grand des silences possibles comme tous les matins





Il déposa son revolver devant lui et en caressa la crosse


Il n’est pas réellement angoissé ni franchement déprimé. Il se pose la question du «  Pourquoi vieillir ? «  Pas du « Pourquoi mourir ? » mais du « Pourquoi vieillir ? » Il lui paraissait tellement évident que plutôt que de supputer le moment, l’heure, le jour de sa mort , il serait infiniment plus sage, plus serein et pour tout dire plus logique de   Prévoir Planifier Tout est là. « Déterminer » sa mort. « Choisir » le moment du suicide. Mot tabou, défendu : «  Suicide » Mot étrange, à l’oreille il est vrai mais, , plus encore à écrire Lui, au contraire, le calligraphiait « suicide, » Délivrance, acte ultime d’autonomie. Echapper à la « Terreur des Blouses blanches » , à la chosification, aux numéros matricules qui jonchent notre vie. Depuis l’heure de notre naissance jusqu’à celle de notre suicide «  Suicide » : Evasion devant les Hospices et autres joyeusetés pour « petits vieux » , en attente de cessation de vie. Suicide : Appel au secours disent les « Psychoses » qui savent toujours tout, sur tout. Oui vous avez raison , oui , voyez comme la vieillesse m’a bonifié Je suis tout ouï…. oui, oui,

Il boit une gorgée de café, mange une tartine tout en constatant que
la possibilité du suicide lui rend la vie tolérable.

Le temps des larmes s’assèche quelque peu, Vient, à présent, le Temps du vide, de l’inoccupé, de la vacance non voulue.
Il ferme les yeux et se souvient Le coin de la rue où, tous les vendredis, il refaisait le monde avec son ami Bob Encore un qui sait laisser mourir plutôt que de supporter l’imbécillité du monde des soignants Bob qui a refusé sans rien dire ! ! ! ! d’être infantilisé bêtifié à plaisir à se souvenir PB s’est levé sous l’emprise d’une émotion soudaine et sifflote dans sa chambre, fait celui qui ne sent rien tandis que ses pensées, clandestines, frappent à la vitre du souvenir, passent à l’assaut des «convenances » se déversent en grandes coulées chaudes sur ses joues , Il se fait un Musée perso, se remémorant, engrangeant son passé au plus vite de crainte que les contours de l’être aimé ne se difforme. Il comble, à la hâte, les blancs, au-dedans, pour avoir une histoire, son histoire à raconter « chantefable » qu’il répète à satiété
Depuis des mois, depuis des jours, peu à peu, il entre dans la zone
 » détachement » Il donne ses affaires, ses vêtements, ses jeux, ses livres, pour faire de la place, dit-il ; On applaudit à cette initiative car … Quel boulot pour la famille quand un vieux meurt Quel fatras ! Pourquoi garder toutes ces vieilleries ? Quel capharnaüm ! Des tas . Comme vous faites bien d’être prévoyant, lui assure son Aide familiale !
Il prévoit son testament de vie. Prévoit le don de son corps , se dépouille, peu à peu, de tout ce qui lui semblait important Il s’en va au-dedans, à l’insu de tous, il part sans crainte ou si peu. Il est disponible, toujours présent. s’écoute sans fin…sans faille se blottit dans ses « couplets » dans ses « refrains » Je faisais, je disais, j’ai pensé, je, je, je. Il se laisse aller dans l’eau du Styx où, invulnérable à la morsure du souvenir il glisse. Il s’imagine la pièce entre les lèvres pour le Grand Voyage
Il prit son manuscrit
« Apollon, dieu de la musique, de la poésie, de la connaissance Apollon méconnu, dieu de la divination ; guide mes pas ;
Mène- moi à la lumière du Parnasse. Vois la pièce entre mes lèvres. Offre-moi, oui, offre- moi le Fil d’Ariane pour le voyage initiatique et laisse-moi m’asseoir dans l’Olympe. Poebus, fils de Zeus, n’ai-je pas payé tribu ? Reçois-moi ; l’AUSPICE en est favorable. »
Il referma son manuscrit ; déposa son revolver devant lui et en caressa la crosse
«  Questions pour un champion » battait son plein. La TV faisait son « ronron »
Il songea à son Lancelot du Lac, messager dépositaire de ses amours clandestines Chloroformé à la souffrance, le voici dans un brouillard épais, dans une indifférence bienheureuse. Il écrit ces lignes, les dernières, il le sait, il s’en est fixé lui-même le nombre 500 pages, cinq cents pages bien torchées. Et pfft…
Il nota : Les psy ne supportent pas d’être remis en question Il sourit avec cynisme Depuis le temps qu’il s’en fout. Il nota encore : Les psy se présentent comme des courroies de transmission entre le monde onirique et le monde réel PSYs Télescopes avides d’images, ils prennent, voient, regardent, écoutent, plus encore imaginent… Déduisent avec hardiesse ce qu’on ne leur dit pas. Le non dit l’éloquence du « non dit » Ils Savent  ! Ils sont Freudiens, Lacaniens Ils sont Nostradamus de notre avenir. Il nous faut être, étoiles bien rangées dans la galaxie, le système ! ! « Rangé » tel est le mot clef Nous voici ; ankylosés de l’analyse, fantassins de l’explications tous azimuts qu’on nous dispense à gogo car, ils expliquent, argumentent nous poussant, gentiment, vers la chronicité. Nous sommes d’un bon rendement allez. ! Nous représentons le montant de la Maison de demain, les études des enfants, de leurs enfants bien évidemment
Depuis une bonne demi-heure « Neurone » lui parle plutôt lui récite les Romantiques, le Parnasse, les Symbolistes. «  Neurone », encore un qui se prend pour un intellllectuellll…. Il écoute à peine ce merdique, ce buveur d’encre ce « Neurone » Il dit : « Oui » bien civilement Il est PB habité d’un grand tapage intérieur ; ramdam de réflexions note à la hâte
« Tout gueule en moi. «  Je ne suis que cela, «  une Plume une machine à produire du texte » Je suis un bogue de programmation une erreur, un hiatus. Je suis tout sauf, moi « et, sans rien dire, toujours souriant, joyeux, plein d’entrain, Je lève le FOC pour le sublime et chimérique dialogue. Voyage fantasmagorique
« Sens interdit, sans interdit » J’échouerai au rivage de l’impossible, de l’incohérence Je ne me recrée plus. Aide-moi, Zeus, j’ai mal à mon âme défendu ! Par qui ? Pourquoi ?
Il se regarde souffrir,, il se souvient d’avoir eu si mal, d’avoir été
« très maL » , comme on dit. Il s’étend, se raconte, se prolonge comme une ombre. Il, s’écoute, s’observe dans le creuset du jadis Il songe, s’étale comme un fruit trop mûr Il la revoit sa jeunesse Il sourit C’est loin, très loin ! Le Temps passe rythmé par le balancier de la peur
Il reprend son revolver, le guidon n’est pas droit remarque-t-il, contrarié.




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Boussu
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C'est un texte très touchant mais rassurez moi, comment allez vous ? Vous ne parlez pas de vous ???

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Bruxelles
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hel;lo merci à vous on m'opere ce 16/9 pour me placer une prothese a l'épaule droite j'ai normalement peur mais aussi fataliste c'est de la faute à pas de chance alors sic.

ET VOUS QUID ?je vois que vous êtes encore très jeune

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.

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Bonne m. Jeanflon... râlant le "pas de chance" pffff

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Bruxelles
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tu l'as dit bouffi en attendant je vais m'offrir à la fringale des longs couteaux oâ àààà

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Bruxelles
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Coup de gueule Sont surmenés


Ils sont tous là à s’affairer, à courir et de gauche, et de droite ; Z 'ont pas le temps, sont surbookés, ils le sont tous de grand matin ; surbookés : N’arriverons pas, vie de fou, métier de [censuré, motif : message insultant] que d’être soignant, gagne misère, gagne petit, pas de reconnaissance, moins encore de re-connaissance voilà ce que songe la plupart d’entre eux. tous les jours que le soleil illumine Je les regarde et je pense : Bientôt c’en sera fait de moi ; Sans regret , sans un soupir, sans un mot je m’en irai, voilà pourquoi, ma chère amie, ma chère Agnès, je n’irai pas consulter pour ma tumeur du côlon, ou alors, pour avoir des médicaments contre la douleur
L’idée de tomber entre leurs mains m’insupporte ; Je parle des psychoses ; des aide-machins sur le terrain ; des clubs du troisième voire quatrième âge Je resonge à Philo ma voisine de 82 ans qui attendait la mort… Madame l’assistante sociale la laissait mourir entre deux visites, deux blablas, deux pansements psychologiques car, la psychologie de Madame l’assistante sociale, est aussi épaisse qu’une feuille de cigarette et récurrente avec cela… Les clichés de l’enfance vont bon train, elle glose la psy tout en Laissant Philo dans sa crasse, Philo esprit perdu, Philo dans sa maigreur, Philo dans ses pleurs ; Alzheimer avait frappé et Madame l’assistante sociale attendait que Philo décide de son placement en Maison de Repos « On ne peut rien faire si la personne ne le veut pas… » Argumentait-elle pour se donner bonne conscience A cela je lui rétorquais : « Le secours à personne en danger est une obligation aussi » Je lui demandais, comment elle pouvait concevoir qu’une malade d’Alzheimer lui donne un consentement éclairé car, c’est bien le propre du consentement d’être éclairé, Madame l’assistante sociale me regarda ahurie Mais que vient-elle me dire cette vieille là ? Consentement éclairé ? Consentement éclairé ? Devrait être heureux que l’on s’occupe d’eux. Elle pensait tellement fort que cela en devenait audible, je remarquais son trouble sa nervosité certaine, le léger tremblement des mains mais oui j’avais touché un point sensible sans le savoir, sans le vouloir ; son désarroi était à ce point visible que je laissais tomber de toute manière elle ne savait même pas de quoi je parlais

Madame l’assistante sociale peu après me demanda de prendre les clé de Philo et d’aller voir de temps à autre si tout allais bien Je refusais alléguant que si Philo m’accusait de vol personne ne me soutiendrait et je devrais me défendre à grand peine alors que cela me paraissait du ressort du foyer je n’ai pas dit du service social je l’épargnais qu’à cela ne tienne elle demanda de signer une autorisation pour son voisin d’entrer chez elle, et lui demanda de donner sa clef au voisin ce que Philo fit bien entendu la signature du voisin était sur :’autorisation Pourquoi on se le demande l’assistante sociale n’avait pas signé Serait-elle prudente notre petite

A ce jour, Philo est dans un home depuis trois ans, et elle a grossi Celle qui attendait la mort se porte comme un charme Merci madame l’assistante sociale elle vous doit des heures d’enfer.
Je repense à cela avec une immobilité de l’âme que l’on pourrait nommer : « stoïcisme » et encore ! J’ai plus l’impression d’être momifiée, moulée en moi,
Je n’ai aucune réaction ces derniers jours, je m’en fous et cela me repose ; je fais une pause-vie comme d’autre une pause carrière ou prennent une année sabbatique j’ai besoin de répit d’une trêve et toutes manières

Tant que je paie mon loyer et autres petites choses c’est l’essentiel Je paie donc, je vis et si je vis c’est que je vais bien Mon entourage me trouve au demeurant apaisée rassérénée et presque pacifiée avec moi-même d’autres m’envie mon empire sur moi mon impassibilité Je songe à Philo a-t-elle vraiment perdu quelque chose







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